
La prochaine fois que vous passez à l’atelier, n’oubliez pas de jeter un coup d’œil à notre présentoir de zines et de livres sur le vélo! On y place une variété de publications traitant du vélo d’un angle politique, littéraire, surréaliste, etc.! C’est vraiment sans limites. Pour mettre en valeur cette initiative, on va vous présenter quelques zines que vous pouvez y retrouver (ou un seul, on verra où la motivation nous mène).
Aujourd’hui, Besse, moi-qui-écris-ce-texte, je vous parle d’un de mes favoris, ‘Suipacha’. C’est un recueil de textes datant de près de 10 ans, traduit de l’espagnol vers l’anglais, tournant autour d’un atelier de vélo communautaire éponyme à Cordoba, en Argentine.
On y retrouve d’abord deux textes à la poésie délicieuse. Le premier, en multipliant les définitions du vélo (arme de déplacement massif, jouet total, objet idéologique, …) jongle avec les perspectives libérantes sur ce véhicule que l’on aime tant. On a un peu l’impression d’observer le vélo depuis le centre de la roue en mouvement.
Cet atelier a fermé dans les dernières années, mais plusieurs de ses membres actifs ont fondé une autre initiative d’atelier communautaire dans un centre de recyclage, GALGO SUPERNOVA!
Puis un autre nous rappelant que comme le temps ‘existe pas’ (‘time is a delusion that deserves to be broken’), ça fait du sens d’ouvrir un bike shop sans outils, parce que ce qui importe le plus pour que ça marche, c’est la joie. Que si on a ça, on peut déjà assurer la fonction de base de l’atelier… être ouvert!
Dans ce zine, les auteurices reviennent aussi sur les quelques années d’existence de leur atelier avec le récit des belles histoires que l’on vit dans ce genre de lieu, tout en ne cachant pas les difficultés de garder ouvert un tel lieu, qui s’intègre mal dans la logique marchande de la ville capitaliste.
Bref, ça nous inspire, nous aussi, à devenir (ou à rester) des bicicletistas (iels se distinguent des ‘simples cyclistes’ par le rapport presque religieux à la machine cyclable, par la place centrale que prend le vélo dans leur vie). L’ingéniosité de ce zine est aussi de nous faire voir le monde d’une autre manière. Vu à travers le vélo accessible et communautaire, le monde se dore de possibilités radicalement poétiques et virevoltantes, insolubles dans l’ordre social dominant obsédé par le contrôle.
Puisse leur effronterie, leur douce passion contestataire nous inspirer aux plus beaux débordements!
Voici des liens pour les pages Instagram des deux ateliers argentins: Taller Popular de Ciclomecánica Suipacha, & Galgo Supernova
